ENTREVUE - Winnipeg et Thompson, au Manitoba, de même que Niagara Falls, en Ontario, sont au nombre des municipalités qui accueillent les sinistrés évacués en raison des feux de forêt qui font rage au Manitoba. Comment les communautés d'accueil se préparent-elles pour recevoir plusieurs centaines de personnes?
Daniel Oligny, chef de la direction de Prudent, explique que rien ne doit être laissé au hasard lors d'une évacuation d'une telle ampleur.
Accueillir des sinistrés, ça ne se fait pas en criant ciseaux. Il faut être bien préparé. Règle générale, il y a trois grands volets dont on doit tenir compte. Les autorités doivent avoir un plan d'évacuation qui identifie les endroits primaires de rassemblement et les lieux qui peuvent accueillir cette population-là.
Les villes d'accueil doivent également être préparés, en termes de logistique et de capacité d'accueil. Et il faut penser à tous les éléments qui viennent autour d'un d'une évacuation :
- les éléments de support psychosociaux
- l'accueil
- l'enregistrement
- que l'hygiène peut être assurée minimalement
- s'assurer que l'alimentation peut être offerte
Dans des cas exceptionnels où on a une plus grande population à évacuer, règles générales, les gouvernements vont se faire des demandes et préciser :
Comment on transporte ces gens-là? Par train, par autobus? Est-ce qu'on laisse les gens évacuer par eux-mêmes?
Il y a toute une logistique à mettre en place en amont. Et de plus en plus au Canada, les communautés et les autorités gouvernementales sont davantage préparées à cet effet.
C'est difficile de donner une appréciation actuellement, au coeur de l'action, il y a trop de données à prendre en compte. Cependant, avec le recul, on voit que la communication semble adéquate, c'est-à-dire que les gens ont des réponses aux questions :
Qu’est-ce que j'ai à faire? Où est-ce que je dois aller? Que dois-je apporter avec moi? Qu'est-ce qu'on fait avec les animaux, etc.
Donc à haut niveau, la communication semble adéquate.
Maintenant, c'est la gestion des attentes.
Donc les gens qui sont évacués, il faut comprendre que ces gens-là vivent un stress, ils vivent de grandes émotions, ils vont laisser leur maison, leur terrain, leurs animaux derrière eux et ils vivent des préoccupations.
Actuellement, ce que je vois, ce que j'entends, c'est que les autorités ont mis en place des cellules de support psychologiques, des cellules qui vont faire en sorte qu'on va être capables de supporter adéquatement. Donc actuellement à très haut niveau, sans donner d'appréciation précise, je peux vous dire que ça semble bien se dérouler bien entendu, il y aura toujours des éléments à parfaire et ça fait partie justement de la planification des mesures d'urgence.
Dans un premier temps, les municipalités d'accueil doivent identifier des lieux qui sont adéquats pour ce type d'intervention :
- Est-ce qu’on a des gymnases suffisamment grands pour héberger des sinistrés?
- Est-ce-qu'on a, dans la collectivité de l'hébergement commercial, donc des hôtels, des motels qui sont adéquats et qui peuvent accueillir également la communauté?
Dans certains cas aussi, on fait des appels à des citoyens pour prendre en charge certains sinistrés également.
Il faut aussi identifier les besoins en termes d'hygiène, d'alimentation, de sécurité, de logistique et d’habillement. Tous ces éléments doivent être pris en compte dans l'identification des lieux d'accueil.
Une chose qui est très importante également : on met beaucoup d'emphase sur l'accueil des sinistrés, mais il ne faut pas oublier que dans quelques jours, dans quelques semaines, ils vont retourner à la maison.
Le retour doit être fait à la avec la même rigueur que lorsqu'on évacue. Donc ce n'est pas tout le monde qui devrait avoir le temps et la chance de retourner au même moment. Ça veut dire identifier les chemins et les moyens de transport. On fait la même chose que lors de l'évacuation, mais dans le sens contraire.
Et il y a également toute une logistique pour les sinistrés qui reviennent dans leur milieu de vie.
Prévoir l'impossible, ça, c'est la première chose. Se dire :
Si jamais j'ai à évacuer, comment je vais le faire?
Donc, avoir une trousse d'évacuation d'urgence avec des effets personnels, de l'eau et différents items comme les médicaments.
Et surtout, au moment de l'événement, écouter les consignes des autorités.
Ce texte a été écrit à partir d'une entrevue réalisée par Nicolas Haddad à l'émission Y a pas deux matins pareils. Les propos ont été édités à des fins de clarté et de concision.
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