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Le Campement de la Rue Notre-Dame Fermé Mercredi

Le ministère des Transports du Québec démantèlera encore une fois le campement de sans-abri qui a été établi le long de la rue Notre-Dame, dans l'arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve. Les personnes qui s'y trouvent ont jusqu'à mardi pour déménager.

Depuis 7 h 30 jeudi matin, des employés du ministère des Transports circulent dans le campement, installé entre la rue Frontenac et le boulevard Pie-IX, afin de distribuer l'avis d'éviction. Ils sont accompagnés par des agents du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM).

Ceux qui ne se conformeront pas à cette directive d'ici mardi soir verront leur tente démantelée dès le lendemain par le ministère des Transports, qui est propriétaire du terrain. C'est l'arrondissement de Mercier–Hochelaga-Maisonneuve qui, en mai, lui a demandé d'intervenir.

La situation a atteint un point critique. L’accumulation d’objets entre les rues Pie-IX et Dickson représente un danger constant pour les personnes vivant sur le site, ainsi que pour les résidents des environs , a expliqué à le cabinet du maire de l'arrondissement, Pierre Lessard-Blais.

Le service Service de sécurité incendie de Montréal (SIM) a dû intervenir à 29 reprises en raison d'incendies sur ce tronçon de la rue Notre-Dame, estime-t-on au cabinet.

On assure que les ressources communautaires du secteur ont été mobilisées afin d'accompagner les personnes touchées par cet avis d'éviction.

C'est simple : le bal recommence , a dénoncé un homme dont la tente se trouve dans ce campement.

C'est une nouvelle année, on recommence à nous évincer encore. En février, on m'a évincé, et là, on m'évince en juin. Ce sera quand la prochaine fois, en novembre? C'est comme une danse, pas à pas, et on refait la même chose , a-t-il ajouté, affirmant qu'il se déplacera à 100 mètres de l'autre bord , soit à l'est du boulevard Pie-IX.

Il est vrai que le campement de la rue Notre-Dame n'en est pas à son premier démantèlement.

En décembre dernier, trois sections de ce campement avaient été démantelées , mais certaines tentes étaient toutefois demeurées sur le terrain. Un campement précédent avait aussi été démantelé en 2020 après que trois incidents y eurent nécessité l'intervention du SIM .

Un moment donné, la ligne est dépassée, et c'est là aussi que malheureusement, il faut agir pour la sécurité des gens qui sont dans le campement et la sécurité aussi des gens qui habitent le quartier , a commenté jeudi la cheffe d'Ensemble Montréal, Soraya Martinez Ferrada.

Elle estime que la Ville devra s'entendre avec Québec à propos de balises claires concernant les demandes de démantèlement, de même que sur les ressources mises à la disposition de ceux qui ne trouvent pas où mettre leur tente .

Autre parc, autre éviction

Un avis d'éviction a aussi été produit pour le parc Francine-Léger, toujours dans l'arrondissement de Mercier–Hochelaga–Maisonneuve, et duquel la Ville de Montréal est cette fois propriétaire. Difficile de dire, pour l'heure, combien de tentes y sont érigées, mais les personnes concernées ont, elles aussi, jusqu'à mardi soir pour se déplacer.

Avis mitigés des résidents

Dans Mercier–Hochelaga-Maisonneuve, les avis divergent quant à la présence du campement ainsi qu'à la nécessité de le démanteler.

D'un côté, une résidente estime qu'il s'agit d'une nuisance pour ceux qui habitent à proximité. Leur matériel devient moisi et ça sent la moisissure , soutient-elle.

Elle affirme que les itinérants du campement utilisent les prises de courant extérieures de l'immeuble où elle habite afin de recharger leurs appareils. Sans accuser directement les campeurs, elle affirme également qu'un vol a été commis dans l'entrée de sa demeure. Il se passe des choses qui n'arrivaient pas avant ici.

Un autre citoyen estime que la présence de ce campement entraîne la production de déchets. Toutefois, il ne réclame pas son démantèlement. Je ne sais pas comment on pourrait les mobiliser pour qu'ils fassent moins de déchets , s'interroge-t-il.

Devant la multiplication des campements et des démantèlements, dans le contexte économique actuel, d'autres se montrent sensibles au sort des itinérants contraints de se déplacer.

Avec tout ce qui se passe aujourd'hui, le coût de la vie [qui augmente], c'est vraiment plate pour eux , ajoute une autre résidente du quartier.

Avec les informations de Karine Bastien et de Marie-Josée Paquette-Comeau

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