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Selon une étude, ce sont les jeunes au Québec qui remplissent le plus les salles de cinéma

Certains résultats d'étude sur la fréquentation des salles de cinéma et du cinéma québécois viennent déboulonner des mythes tenaces. Par exemple, l'étude indique que ce sont les jeunes de 18 à 29 ans qui fréquentent le plus les salles de cinéma.

L'idée que les jeunes auraient peut-être plus de rapport cinéphilique au film en salle ou que ça les intéresserait moins, on ne le voit pas du tout dans nos résultats de l'étude , souligne Sophie Dubois-Paradis, présidente de Dubois-Tétu Consultant.e.s qui, avec Martin Tétu, travaille sur ce qui s’avère être la plus vaste étude portant à la fois sur la fréquentation des salles de cinéma au Québec que sur les publics du cinéma québécois.

Alors que les résultats complets de l’étude seront présentés à l'automne, des données préliminaires ont été dévoilées dans le cadre de l’Association québécoise de la production médiatique (AQPM) qui s'est tenue mardi et mercredi à Québec.

Les jeunes vont au cinéma

Ce sont 6211 répondants qui ont participé à cette étude, soit des adultes québécois francophones provenant de divers milieux socio-économiques et de diverses régions. On a questionné le public dans toutes les caractéristiques sociodémographiques. Les jeunes, les moins jeunes, les retraités, leurs occupations. On a remarqué un intérêt pour le film en salle , signale Sophie Dubois-Paradis.

En plus de démontrer que 78 % des jeunes interrogés fréquentent les salles de cinéma, on note que plus la population est âgée, moins elle les fréquente. Le taux baisse à 43 % pour les 60 à 69 ans et à 36 % pour les 70 ans et plus.

L'étude s'intéresse aussi aux freins. [...] Il y a une part du public qui aimerait voir davantage de films en salles, mais qui ne peut pas à cause de certains freins , mentionne Madame Dubois-Paradis. Les freins ne sont pas les mêmes pour le public ayant une famille, par exemple, ou des enfants de moins de 18 ans que le public jeune, que le public retraité, etc.

Même chose du côté du non-public. Quels sont les freins qui font en sorte que ce non-public-là n'est pas allé au moins une fois au cinéma au cours des 12 derniers mois? ajoute présidente de Dubois-Tétu Consultant.e.s. L’étude sera en mesure d'y répondre à l’automne, lors de son dévoilement.

Le cinéma québécois populaire

L'arrivée des plateformes numériques a profondément modifié le paysage audiovisuel, faisant naître de nombreux mythes concernant le comportement des cinéphiles. Mais il n'y a pas eu de mesures ou d'observations du public , soutient Martin Tétu.

Les résultats préliminaires de l'étude révèlent également que, contrairement à une certaine croyance, le cinéma québécois n’est pas boudé par le public cinéphile. Deux personnes sur cinq qui vont voir un film en salle, vont voir un film québécois. Donc c'est loin d'être niché , soutient Martin Tétu qui souhaite que les résultats de l'étude puissent corriger certaines perceptions.

Les chiffres montrent que 43 % des adultes francophones québécois voient des films québécois en salles. Nous autres, on arrive à la conclusion que le film québécois est populaire, dans tous les sens du mot , explique le directeur général.

Ça contredit l'idée, par exemple, des gens qui disent pourquoi financer un tel film? C'est parce que le cinéma québécois est populaire. Il y a peut-être des raisons qui expliquent que les gens ne l'ont pas vu. Peut-être que les gens ne savaient même pas que ça existait, des choses comme ça , poursuit-il.

L’étude documente également la popularité des genres. Dans les premières données, qui ont été présentées dans le cadre de l'AQPM, on note que la comédie est populaire à 80 % chez les 18-29 ans et les 30-39 ans, et que cette popularité tend à diminuer avec l’âge.

Les 60 à 69 ans préfèrent à 76 % les films d’action, alors que 70 % des personnes âgées de 70 ans et + privilégient le drame. Autre fait à noter, les films d’horreur baissent en popularité plus on avance en âge.

Quand c'est populaire, c'est parce que ça plaît de façon populaire, ça plaît à tout le monde , souligne Martin Tétu à propos des films québécois. Ce n’est plus réservé à un groupe, qui est un groupe d'élus qui trouve son compte. C'est peut-être ça le message , dit-il à propos de l’étude.

C'est-à-dire que là, on prend peut-être la mesure de ces données-là, qui sont nouvelles et qui nous ont étonnés. Il y a un intérêt global qui a été développé pour le film québécois , conclut-il.

L'étude sur la fréquentation des salles de cinéma et du cinéma québécois, dont la collecte de données a duré plus d'un an et demi, sera rendue publique en septembre.

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